Beneath the Surface : Une lecture utile sur la captivité des orques

Beneath the Surface : Une lecture utile sur la captivité des orques

John Hargrove, ancien dresseur leader à SeaWorld Orlando a sorti en 2015 le livre Beneath the Surface (Sous la surface). Après 14 ans de carrière en tant que dresseur professionnel d’orques, il a quitté cet univers en 2012.  Pourquoi ce revirement ?

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Source photo : www.peta.org

Difficile de ne pas parler de John Hargrove quand il s’agit des cétacés captifs.  Il a, en effet, travaillé de nombreuses années dans deux parcs gérés par SeaWorld aux États-Unis, ainsi qu’au Marineland d’Antibes en France, aux postes suivants :

  • Apprenti entraîneur à SeaWorld Texas  (1993-1995).
  • Entraîneur Senior au Shamu Stadium à SeaWorld Californie (1995-2001).
  • Formateur au Marineland d’Antibes qui lui offre l’opportunité rêvée d’enseigner aux autres dresseurs du parc à nager et réaliser des tours avec des orques pour la première fois dans l’histoire du parc (2001-2002).
  • Après une pause dans sa carrière, John retrouve son rôle d’entraîneur Senior à SeaWorld Californie avant de donner sa démission (2008- 2012).

Son livre retrace une expérience unique dans le milieu, puisque nous découvrons le quotidien des orques à travers le regard d’un dresseur passionné par son travail et sa prise de conscience survenue au fil du temps. C’est le seul témoignage actuel d’un dresseur d’orques qui nous ouvre les portes d’un univers méconnu, à la fois touchant et virulent. En effet, qui est mieux placé pour parler de ces orques captives  que leur propre dresseur ? À mon avis, le livre ne laissera personne insensible.

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Photo extraite du livre.

Son livre a actuellement beaucoup de succès aux États-Unis. John Hargove est d’ailleurs régulièrement invité sur différents plateaux de télévision pour expliquer son ancien travail et les raisons pour lesquelles il estime à présent qu’il est primordial de se battre contre la captivé des cétacés. Bien évidemment, le parc SeaWorld n’est pas resté silencieux face à cette nouvelle attaque et tente de discréditer par tous les moyens celui qui fut pourtant, pendant de nombreuses années, l’un de ses meilleurs dresseurs d’orques…

Pour ma part, j’ai été obligé d’espacer la lecture du récit car ça me touchait trop (hypersensibles, accrochez vous 🙂 ). J’ai trouvé son témoignage poignant car il arrive à nous transmettre sa passion des orques et a nous montré leur quotidien tel qu’on ne le connaîtra jamais. On se retrouve derrière la scène, à observer leur vie entre les spectacles et à découvrir toutes les horreurs vécues (attaques, maladies, programmes de reproduction, drogues, morts, etc…).

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Photo extraite du documentaire Blackfish dont je vous parlais ici.

John Hargrove nous raconte de nombreuses anecdotes, notamment des accidents qui ont eu lieu lors de spectacles ou bien lors d’entrainement, comme celui avec Takara, une de ses orques préférées,  raconté ici et dont voici un court extrait :

« Soudainement, la plus brutale et la plus puissante des Princesses de SeaWorld devint la plus douce des sauveuses. Je n’ai même pas senti ses nageoires pectorales toucher mes pieds quand elle a commencé à me faire glisser vers en endroit sûr. Ensuite, elle m’a poussé vers le rebord du bassin du fond, en se plaçant doucement sous moi pour que je flotte sans devoir faire un effort. Ce comportement ne lui avait jamais été appris. Elle avait simplement conscience de l’importance que j’avais dans sa vie et elle voulait s’assurer que j’étais sain et sauf.

J’ai appris quelque chose de très important lors de cet incident : Takara me chérissait autant que je la chérissais ».

-John Hargrove-

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Photo extraite du livre.

J’avais jusque là un avis plutôt sévère sur les dresseurs d’orques, car je ne comprenais pas comment ils pouvaient à la fois aimer ces animaux et les laisser souffrir ainsi dans leurs bassins. Après ce récit, sans les excuser pour autant, j’arrive tout de même à mieux saisir la passion qui les gagne et les aveugle au point de ne pas réagir. Néanmoins, de plus en plus de dresseurs se remettent en question, notamment depuis que le récit de John Hargrove est sorti au grand jour. Est-ce que cela sera suffisant pour éteindre ces vocations ? L’avenir  seul le dira.

Le livre n’est actuellement disponible qu’en anglais, mais une version française devrait prochainement voir le jour. La production d’un film a également été envisagée. Je mettrai bien évidemment à jour cet article le moment venu.

Si vous avez lu ce livre, qu’en avez-vous pensé ?

8 réactions au sujet de « Beneath the Surface : Une lecture utile sur la captivité des orques »

  1. Merci pour ce conseil lecture que je vais m’empresser d’aller acheter ! C’est un domaine complètement inconnu pour moi, si ce n’est que je trouve ça vraiment triste pour ces animaux. Je vais pouvoir mieux me renseigner, merci !

    1. Merci à toi de prendre le temps de te renseigner !
      J’ai vraiment apprécié son témoignage qui m’a semblé très réaliste. J’espère que tu reviendras par ici nous dire ce que tu en as pensé.
      Bonne lecture 🙂

  2. Merci de parler de ce livre.
    J’aimerais tellement me le procurer, mais la sortie d’une traduction française tarde malheureusement & mon niveau en anglais, bien que correct, est loin d’être parfait pour comprendre un livre comme celui-ci.

    Tu m’as rendue encore plus impatiente de le lire en tout cas. 🙂

    Bises,
    Marion

    1. Bonjour Marion,

      Merci pour ton passage par ici 🙂

      D’après ce que j’ai pu lire, le Marineland d’Antibes ferait pression pour qu’aucune traduction Française ne se fasse… je ne sais pas si c’est exact, mais c’est étonnant que le livre ne soit pas encore traduit plus d’un an après sa sortie aux USA et vu le succès rencontré ici…

      Il y a certains passages que j’ai trouvé difficiles en anglais, mais ça ne m’a pas empêché de bien comprendre le récit. Peut-être que tu devrais essayer de le lire en anglais ? N’hésite pas à partager tes impressions ici quand tu auras pu le lire.

      À bientôt !

      1. Je crois que je vais devoir m’y résoudre en effet si le livre ne sort pas en France (si c’est à cause de Marineland c’est vraiment dingue!).

        Il y a celui de Richard O’Barry qui me tente bien aussi, tu en as entendu parlé ? 🙂

        1. Oui, j’en ai entendu parler mais je ne l’ai pas lu. J’ai tellement de livres sur des sujets différents qui font la queue dans ma bibliothèque en attendant de finir entre mes mains que j’ai décidé qu’il fallait vraiment que je prenne le temps de les lire avant de m’intéresser à d’autres (mais j’aimerais le lire aussi un jour !)

          IL faudrait peut-être contacter des librairies Françaises pour leur demander si le livre de Hargrove existe en Français et, le cas échéant, créer une demande 😉

  3. Merci pour cet article !
    Il me tarde de l’acheter pour le lire 🙂
    J’adore les orques, depuis toute petite, et je deviens soudainement très sensible quand ça les concerne… Je me rappelle encore, avant le repas familial du mariage de ma cousine, je regardais un documentaire sur une orque en Alaska qui s’approchait trop des bateaux, le gouvernement voulait la déplacer et les amérindiens la laisser en paix faire ce qu’elle veut, je l’ai regardé en entier, bien 2h, tout ça pour vous annoncer à la toute fin qu’elle a perdue la vie à cause de l’hélice d’un bateau, j’ai pleuré pendant au moins 30 minutes.

    1. Bonjour Maureen,

      Merci pour ton commentaire.
      J’espère que le livre sortira bientôt en Français.
      C’est difficile de rester insensible au sort de tous ces animaux… je comprends bien ta souffrance car ça m’arrive (bien trop) souvent de pleurer en regardant des documentaires ou lisant des articles. Tu devrais utiliser ta sensibilité pour partager l’information auprès de ton entourage, c’est notre meilleure arme pour toucher les gens 🙂

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