Être activiste, c’est bien ou mal ?

Être activiste, c’est bien ou mal ?

Quand j’étais plus jeune, ce mot me faisait peur, certainement parce que je ne le comprenais pas vraiment, et que je l’associais à une forme d’agression : activisme = terrorisme/extrémisme ? Ces dernières années, j’ai beaucoup réfléchi sur la question. J’aimerais à présent revenir là-dessus et expliquer ce que signifie le terme d’activisme pour moi, en quoi je le suis devenue, et comment nous pouvons tous agir pour une cause qui nous tient à cœur.

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Avec mon débardeur End Captivity (Mettons un terme à la captivité). 

J’ai trouvé cette définition d’activisme sur Wikipédia : une attitude privilégiant l’action et l’initiative personnelle. Effectivement, ça pourrait bien me correspondre.

Remontons un peu dans le temps : Comme je le mentionnais dans la rubrique  à propos, j’ai toujours eu un amour fou pour les animaux. Je me rappelle nettement avoir vu à cette époque des images de maltraitance animale à la télévision dans des reportages et avoir été choquée. J’étais fan de l’émission 30 millions d’amis que je ne ratais sous aucun prétexte. Je me souviens également que je demandais à ma mère d’envoyer de temps en temps mon argent de poche à une association animale, ce qui assurait un repas à un animal.

Ce n’était que des petites actions d’enfant mais, petit à petit, ça a développé mon élan de protection envers les animaux.

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En quoi suis-je devenue une activiste pour la cause animale ?

 

 

1. En consommant différemment :

 

De manière générale, j’achète de la nourriture locale et bio.

Je n’ai jamais été une grande carnivore, mais après avoir beaucoup lu sur ce sujet, j’ai décidé d’arrêter de manger de la viande il y a quelques mois.  Je mange encore certains poissons et fruits de mer, et je sais que j’aurais plus de mal à m’y restreindre que pour la viande. J’ai tout de même une sélection (qui en fait sourire certains). En voici quelques exemples :

  • Je mange peu de thon, et surtout pas du thon rouge qui est menacé d’extinction.
  • J’essaye de n’acheter que des poissons locaux et pêchés de manière responsable.
  • Je ne suis plus capable de manger de homard car je ne supporte pas qu’on les ébouillante vivants pour les faire cuire.
  • Je ne mange plus de poulpe depuis que j’ai découvert à quel point cette espèce est intelligente, ça me perturbe trop. Voici une petite vidéo qui vous donne un exemple concret de leur niveau d’intelligence.

Enfermée dans un bocal, cette pieuvre va se libérer en moins d’une minute par Gentside Découverte.

Je sais que certains trouveront mes raisons peut-être étranges, mais l’idée générale de cette sélection est de réduire ma consommation d’êtres vivants, et cette méthode de sélection m’y aide, alors pourquoi m’en priver ?

Pour en revenir sur la viande,  la consommation que nous en avons est un désastre écologique pour de nombreuses raisons :

  • Pressions sur la surface agricole disponible.
  • Émissions de gaz à effet de serre.
  • Élevage intensif & souffrance animale.
  • Répercussions dramatiques sur la santé humaine.

Par rapport à la souffrance animale, il faut bien comprendre qu’il n’y a pas de « mort heureuse » : chaque animal souffre lorsqu’il est tué. S’il y  a une remarque que j’aimerais partager avec ceux qui consomment de la viande, c’est celle-ci : Auriez-vous une hésitation en achetant votre viande si une photo de l’animal tué (disons « Marguerite la vache ») se trouvait sur votre emballage ? Je pense qu’on est dans une époque où on consomme de la viande sans vraiment réaliser sa provenance. Aux États-Unis, c’est même flagrant : les Américains consomment de la viande plusieurs fois par semaine (je me demande si ce n’est pas d’ailleurs tous les jours), et c’est devenu une habitude sans raisonnement aucun derrière (évidemment, les Fast Foods profitent allègrement de ce système, et vous pouvez même trouver un hamburger à moins d’1 $ par endroit, ce qui parait insensé et plaira forcément au consommateur).

Nous avons donc tous notre part de responsabilité dans la façon dont les animaux  sont traités. On s’offusque quand des humains sont maltraités, mais nettement moins quand on parle d’animaux, pourquoi ? Qu’ont-il pu bien faire pour mériter si peu de respect de notre part ? J’y reviendrai.

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2. En participant à des événements en lien avec la cause animale :

 

  • Début 2015, j’ai participé à une marche silencieuse pour la libération de l’orque Lolita, enfermée au MiamiSeaquarium. Je vous parlais déjà de Lolita ici. C’était important pour moi d’y assister et de voir concrètement comment se déroulait ce genre d’événements. J’avais un peu d’appréhension car je n’avais jamais été dans ce type de manifestation avant. J’ai été agréablement surprise ce jour là. Les autres personnes présentes étaient autant sensibilisées que moi pour la cause. Il y avait des kiosques d’information et de vente de produits dont les bénéfices revenaient à l’association qui organisait l’événement. Les organisateurs avaient également invité quelques personnalités américaines, dont l’actrice Shannen Doherty (Oui, « Brenda » dans Beverly Hills/ »Prue » dans Charmed). Loin de l’image de bimbo qu’elle peut dégager au premier abord, j’ai découvert une grande activiste de la cause animale, émue aux larmes lorsqu’elle a fait un discours pour parler de Lolita [une pensée pour cette actrice qui, comme bien trop d’autres femmes dans le monde, se bat actuellement contre un cancer du sein]. Et puis il y a eu cette marche. Nous étions des centaines de personnes à défiler silencieusement sur l’île de Key Biscayne, proche de l’emplacement du MiamiSeaquarium. Cet élan de solidarité m’a fait un bien fou à l’époque et a renforcée ma conviction initiale : Nous sommes capables d’apporter du changement collectivement.

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Crédit photo : Michele Eve/Splash News photo.

  • Depuis, j’ai participé à d’autres manifestations devant le MiamiSeaquarium et, même si c’est parfois long de rester des heures sous le soleil Floridien, je ne peux pas vous décrire la satisfaction immense qui m’envahit lorsque nous arrivons à faire ressortir des voitures du parking de ce parc car ces personnes ont pris un instant pour échanger avec nous et changer d’avis.

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3. En communiquant sur le sujet avec les autres :

 

C’est un sujet qui revient fréquemment lors de mes discussions avec des proches, ou d’autres blogueurs que je ne connais pas forcément en personne. Échanger l’information est, selon moi, le meilleur vecteur de sensibilisation (peu importe le sujet d’ailleurs).

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Source photo : Info-surtout

 

Lorsque j’ai participé à cette première manifestation pour l’orque Lolita, le moment le plus dur pour moi a été justement de passer devant le Miami Seaquarium et de voir les voitures de visiteurs y entrer (oui, on ne pouvait pas empêcher tout le monde d’y aller non plus). Depuis, je travaille énormément sur mon ressenti.  Même si au fond de moi, je sais très bien que les visiteurs des parcs ont tort d’aller voir ce genre de spectacles, ce n’est pas en les agressant qu’ils comprendront où est le mal, mais bien en leur expliquant calmement les raisons.

J’apprends donc à mieux gérer mes émotions afin de servir ma cause. Force est de constater que, depuis que j’applique ce procédé, j’ai eu de très beaux résultats. Rien que la semaine dernière, j’ai échangé avec une touriste rentrant tout juste de Floride et qui avait été à Seaworld Orlando. Quand je lui ai parlé des conditions de captivité des orques là-bas et du documentaire Blackfish, elle a très bien réagit et a même regardé le documentaire dans la foulée.  Selon ses propres mots, « ça lui a ouvert les yeux », et je sais à présent qu’elle n’y retournera pas et en parlera autour d’elle. Je poursuis donc désormais ma démarche en ce sens.

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4. En collaborant avec des associations :

 

  • Je fais parti d’un groupe de traducteurs bénévoles depuis quelques mois dont le but est de traduire des articles sur la cause animale, de l’anglais/espagnol vers le français, pour Cestassez, une association nationale de défense des cétacés captifs (ça me permet également de pratiquer les langues, donc c’est tout bénéf pour moi !).

https://i0.wp.com/4.bp.blogspot.com/-s053CDcbtnc/VlClawJCkZI/AAAAAAAABHo/i_zn8NBo-NQ/s1600-r/Banni%25C3%25A8re%2BPIXELMATOR.jpg?w=800

  • J’ai commencé à faire du bénévolat dans un  refuge local il y a 2 mois, ce qui me permet d’agir concrètement en passant du temps avec les chats de ce refuge (je reviendrai plus en détails  sur mon expérience générale du bénévolat aux États-Unis dans un autre article).

5. En choisissant mes achats avec soin :

 

  • Je vérifie toujours avant chaque achat que mes produits de beauté n’ont pas été testé sur des animaux. J’apprécie notamment la marque américaine Alba Botanica, qui propose une gamme de produits 100 % végétariens & non testés sur les animaux (bon, par contre, leurs produits sont chers – on ne peut pas tout avoir :S )

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Source photo : Canadianfashionista.net

  • Je n’achète plus d’éléments en cuir (ou n’accepte plus de cadeaux de ce genre). On a tendance à se focaliser sur la fourrure, qui est un gros problème bien sûr, mais je connais énormément de monde portant du cuir sans en comprendre les enjeux (je ne juge pas, car j’ai encore un sac et des bottines en cuir dans ma garde robe).  Un fait pourtant :  « Plus d’un milliard d’animaux sont tués cruellement dans le monde pour le commerce du cuir chaque année, des vaches aux veaux, en passant par les chevaux, les agneaux, les chèvres, les cochons, les chiens et les chats. Quand vous portez du cuir, il est difficile de savoir à qui appartenait la peau que vous portez ».  Plus d’infos à lire ici.

 

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∼ En conclusion ∼

 

Je dirais qu’il n’y a donc rien de mal à être activiste, que ce soit pour aider la cause animale ou tout autre cause. Je le vois même comme un acte positif pour essayer de changer les choses à son niveau et, dans mon cas, il s’agit de faire passer le bien-être animal avant moi.

Comme dans tout engagement public, le plus important est de respecter les idées de chacun et d’arriver à exposer ses convictions  le plus pacifiquement possible. Je suis fière de dire tout haut ce que je pense, et d’agir en fonction de mes idées. Ce n’est pas facile tous les jours, mais je m’efforce de rester fidèle à mes principes malgré ce que je peux lire ou entendre. J’espère que nous serons toujours plus nombreux à défendre la cause animale, car on a encore énormément à apprendre des animaux.

Je suis d’ailleurs en train de lire un livre très intéressant sur le sujet : Se nourrir sans faire souffrir (Diet for a new America en VO), de John Robbins. Je n’en suis qu’au début, mais ses propos me semblent une évidence. Ce livre fera également l’objet d’un article à part lorsque je l’aurais terminé, et me permettra de revenir sur le concept de spécisme & d’anti-spécisme.

Quelques sites informatifs pour terminer :

 

 

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 ∼ Que pensez-vous du terme d’activiste ? Est-ce que ça vous parle ? ∼

 

 

15 réactions au sujet de « Être activiste, c’est bien ou mal ? »

  1. Alors là, je reste sans voix ! Bravo pour tout ce que tu fais, ça me fait beaucoup réfléchir.

    Depuis que je suis aux US, je mange très peu de viande, environ 1-2 fois par semaine. J’aimerais en manger moins mais je pense que mes enfants en ont plus besoin que moi. C’est peut être une idée reçue, je ne sais pas… Ceci étant, quand je vois la viande ici, ça ne me donne pas envie ! J’achète TOUT bio, viande, fruits, légumes, laitages. J’ai découvert il y a peu une petite ferme familiale qui livre partout au Texas et qui a l’air de fournir aux animaux une belle qualité de vie, même s’ils sont destinés à être consommés. C’est cher par contre, mais je crois que je vais franchir le pas 🙂

    Sinon, il y a de nombreux parcs avec des animaux en captivité ici (Sea World par exemple), je trouve ça scandaleux. Je n’y mettrai jamais les pieds. Et si je ne vois jamais d’orque de ma vie, et bien je m’en remettrai 😉

    Bref, je pourrais en parler pendant des heures mais je vais attendre que tu viennes me voir au Texas 🙂 Je sais que, malgré mes efforts, je pollue encore beaucoup trop, et ça me contrarie. Mais bon, petit à petit…

    Bravo en tout cas pour tout ce que tu fais !

    1. Coucou Sophie,

      Merci pour ton message dis donc !

      En fait, cet article m’a permis de faire un point général sur mon engagement. Au fil du temps, certaines choses se sont mises en place et c’est en constante évolution. J’espère pouvoir faire plus encore au fur et à mesure.

      Pour la viande, il y a beaucoup d’idées reçues en effet. C’est déjà une belle initiative de ta part si tu consommes les produits d’une ferme locale, je t’y encourage vivement !

      J’espère vraiment pouvoir venir te voir. Il faut que je profite de tout ce temps libre pendant que je le peux 😉
      On pourra en reparler à mon retour de France 🙂

      Encore merci et à bientôt !

  2. Un très bon article qui permet de réfléchir encore plus sur ce que l’on peut faire au quotidien.
    Comme toi j’essaye de faire attention à ce que je porte, mange ou achète.
    Ou depuis peu (grâce à toi d’ailleurs) aux activités prévues lors de mes voyages.
    Je pense que la désinformation est pour beaucoup dans l’indifférence des gens et ce genre d’article permet de faire avancer les choses.

    1. Bonjour Megh,

      Merci pour ton commentaire !

      Ça me fait vraiment plaisir si tu as l’impression que j’ai pu t’aider à revoir ta façon de voyager de quelque manière que ce soit.
      Comme je l’explique dans l’article,ce sont des initiatives qu’on peut tous entreprendre, à différents niveaux.

      Pour ma part, j’aimerais arriver à trouver plus de produits bio/non traités sur animaux (type parfum/maquillage) ou bien les faire moi-même. Je commence à me pencher sur la question ! J’en reparlerai le moment venu 😉

      À bientôt et encore merci pour ton intérêt !

  3. Super article & définition de l’activisme!

    Il est vrai que chacun peu apporter sa pierre à l’édifice, & même s’il s’agit d’un tout petit caillou, ça compte. Cela a du être très émouvant d’assister à une manifestation pour la libération de Lolita (son histoire me touche tellement). C’est super que des visiteurs aient fait demi-tour après avoir échangé avec vous (malheureusement on n’a pas eu ce genre de petits bonheurs lorsque j’ai manifesté devant le Parc Astérix…).

    Pour le cuir je suis totalement d’accord avec toi. On n’oublie trop souvent qu’il cause autant de souffrance que la fourrure.

    En tout cas bravo pour ton investissement dans cette cause & merci pour les traductions pour C’est Assez vu que parfois je les récupère pour sous-titrer des vidéos 😉

    Bises & bonne vacances en France (je crois que tu y es encore),
    Marion

      1. Bonjour Marion,

        Merci beaucoup pour ton message. Je reprends doucement mon blog en main. Ces derniers mois ont été chaotiques !

        J’espère aborder prochainement d’autres sujets toujours en lien avec la captivité animale et l’environnement.

        À tout bientôt 🙂

  4. Bonjour Bertille,
    Bravo pour et article qui est très motivant et surtout pour ton engagement !
    Les animaux ont e la chance d’avoir des gens comme toi pour parler à leur place :o) Parce que, en fait, ce qui leur manque pour se défendre c’est uniquement la parole ! Ils sauraient dire leur intelligence, leur sensibilité et leur humanisme …
    Je suis entrain de me documenter au sujet de la maltraitance des « humains » envers les animaux avec des livres comme ceux d’Aymeric Caron … E je dois dire que j’ai été choquée par ces lectures ! Ouvrons les yeux :o)
    Bonne continuation

    1. Bonjour Nat,
      Merci pour ton passage sur mon blog. Eh oui, c’est bien la parole humaine qui manque à tous ces animaux…
      Je n’ai pas encore lu le livre d’Aymeric Caron, mais il fait parti de ma liste.
      Il y a tellement à apprendre sur les animaux, un sujet vaste que je continuerai à aborder par ici.
      À bientôt !

  5. j’adore et j’adhère totalement à ta façon d’être activiste ! convaincue et convaincante ! tout comme toi tu le sais j’ai fais des choix en faveur de la cause animale, l’écriture, le partage, l’arrêt de la consommation de viande, des choix éthiques au quotidien, le ZD font de moi une activiste aussi engagée … tu peux être fière ! et je le suis aussi ! car être cohérent avec soi-même favorise l’épanouissement … continue !!!

  6. Bonjour,
    Pour moi aussi l’activisme fleurte avec le prosélytisme… J’essaie de respecter l’avis ou le non-avis de chacun mais j’ai trop envie de les secouer! Alors souvent je me tais. C’est si fatiguant de nager à contre courant! Félicitations pour ton engagement.

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