J’ai testé : le bénévolat aux États-Unis

J’ai testé : le bénévolat aux États-Unis

On voit souvent des personnes faire du bénévolat dans les séries ou films américains, mais ça se passe comment dans la vraie vie ? Je me suis longtemps posée la question jusqu’au jour où j’ai décidé qu’il était temps d’aller voir cela de plus près (et de me rendre utile par la même occasion !).  Je suis donc devenue bénévole pour Humane Society of Broward County, un organisme local à but non lucratif (les 501 c ici, équivalent aux associations de loi  française de 1901) qui recueille les animaux abandonnés et les propose à l’adoption. J’ai commencé il y  environ 9 mois, à raison d’un passage par semaine (sans compter les mois passés dernièrement en France).

les chats du benevolat

Quelques chats dont je m’occupe (certains d’entre eux ont été adopté depuis !)

 

♦ Le bénévolat aux États-Unis, une institution ?

 

En toute honnêteté, et je pense que vous serez plutôt d’accord avec moi, il ne me semble pas y avoir un engouement particulier en France pour inciter à faire du bénévolat (votre avis m’intéresse).  Par contre, les jeunes  américains sont incités assez rapidement à se rendre utiles lors de leur temps libre, et cela se transmet de génération en génération.  À l’époque où je travaillais dans le recrutement et  que je révisais des dizaines de CVs par jour, je me rappelle  avoir été très surprise de retrouver un même dénominateur commun sur ces différents profils : Au moins une expérience dans le bénévolat.

Le célèbre Benjamin Franklin, un des pères fondateurs des États-Unis, participa activement au développement du bénévolat au 18ème siècle en lançant des actions concrètes telles que :

  • Le nettoyage de rues dans la ville de Philadelphie (sa ville de résidence).
  • La mise en place du premier service de sapeurs pompiers bénévoles.
  • La création d’une milice bénévole.

Sa philosophie était de penser :

One served not to save their soul, but to build a strong society

Ce qui donnerait en Français quelque chose de ce style : « L’individu n’est pas sur terre pour faire bénéficier sa propre personne, mais pour participer au développement d’une meilleure société ».

Il semblerait que le message ait été bien reçu puisque le bénévolat est toujours très présent de nos jours. Les retraités sont tout particulièrement actifs dans cette communauté et profitent de leur temps libre pour  se rendre utiles. Si vous voyagez à travers le pays, vous verrez notamment des retraités bénévoles dans les parcs d’État ou dans des associations locales (il y en a de nombreux là où je suis bénévole).

VolunteerMatch est un site internet particulièrement bien fait si vous cherchez à faire du bénévolat par ici.

 

♦ Est-il facile de devenir bénévole chez l’oncle Sam ?

 

Alors là, c’est une autre histoire !

J’ai trouvé que c’était particulièrement compliqué au niveau des démarches administratives, notamment lorsque j’ai travaillé quelques mois comme bénévole à l’hôpital des enfants de ma ville. J’ai du passer deux fois un test pour la tuberculose (ok !), remplir de nombreux documents, et attendre plusieurs mois (oui, oui) que l’hôpital fasse les vérifications de mon casier judiciaire, notamment parce qu’ils font des recherches jusque 10 ans en arrière…pour du bénévolat, j’ai trouvé que c’était quand même excessif (surtout que ces 10 dernières années, j’ai vécu dans 4 pays différents, donc il fallait obtenir les informations pour chacun des pays, je vous laisse imaginer le bordel).

Ce fut plus simple d’être bénévole auprès d’animaux (bien qu’ils vérifient également votre casier judiciaire). J’ai pu commencer très vite et cela m’a tout de suite convenu.

J’ai alterné les deux activités pendant quelques temps avant de réaliser que c’était trop difficile à gérer émotionnellement parlant… Bah oui, d’un côté les enfants malades à qui je rendais visite dans leurs chambres d’hôpital pour jouer ou discuter, et de l’autre côté,  les chats abandonnés ! Ça m’a vite miné le moral, et ce n’était pas le but de mon action. Comme je voulais tout de même poursuivre une activité bénévole, j’ai quitté l’hôpital pour me consacrer exclusivement au refuge animalier.

 

♦ Mais je fais quoi, au fait, comme type de bénévolat ?

 

Le refuge est composé essentiellement de travailleurs bénévoles  (environ 500 !) dans une structure ultra moderne (très loin de l’image vieillotte qu’on peut se faire d’une SPA locale). Je fais parti du programme Cat Pal Petting, Attention & Love (PAL) qui consiste à passer du temps avec certains chats afin de les sociabiliser. J’ai environ une dizaine de chats sous ma responsabilité, répartis dans 5 pièces différentes.

 

Les locaux de HSBC (crédit photo : site internet de HSBC)

 

Certains chats du programme CAT PAL.

 

Comme je le disais précédemment, le refuge est moderne et propose ainsi des salles aménagées pour les chats de ce programme, meublées de canapés, tables basses, etc… afin d’habituer les chats à vivre dans un logement type (c’est digne d’un catalogue Ikea finalement !). Les visiteurs peuvent les voir à travers une baie vitrée, et décider ainsi s’ils souhaitent passer un peu de temps avec l’un des chats ou pas. Pendant ce temps là, moi je joue avec les chats, je les câline, je leur parle, bref c’est plutôt sympa ! C’est juste un peu difficile de voir certains chats toujours là après plusieurs mois, et à l’inverse, une joie immense quand d’autres sont adoptés 🙂

 

 

Pour ceux qui sont dans le coin, n’hésitez pas à rendre une petite visite aux animaux, et je me permets de partager ce commentaire pour ceux qui souhaiteraient accueillir un animal dans leur famille:

Évitez d’acheter des animaux d’élevage. Il y a tellement d’animaux abandonnés qui attendent désespérément d’être adopté dans les refuges.

Certains chats viennent frotter brusquement leur tête contre moi pour avoir des câlins, et à chaque fois, ça me fait un pincement au cœur quand je les laisse…ils ont  l’air vraiment triste, et bon nombre d’entre eux ont vécu des histoires d’abandon difficiles (jetés dans une poubelle, déménagement de la famille en oubliant le chat au passage, etc…), ce qui ne les empêche pourtant pas d’être sociables et de faire confiance aux bénévoles qui leur rendent visite.

♦ Intéressés à rejoindre l’aventure ?

 

Vous pouvez vous renseigner sur les différentes formes de bénévolat disponible dans ce refuge (photographe, assistant médical, promeneur de chiens, etc…), mais aussi :

  • faire un don,
  • participer à/ créer un événement afin de lever des fonds,
  • accueillir un animal sur votre lieu de travail,
  • devenir famille d’accueil  ou
  • ambassadeur pour le refuge en cliquant ici (page en anglais).

 

♦ L’adresse  du refuge si vous passez dans le coin

 

Human Society of Broward County

2070 Griffin Rd,

Fort Lauderdale, FL 33312

 

♦ L’abandon d’animaux lors des vacances d’été

 

Je publie cet article au moment où la saison des vacances va commencer avec son lot habituel d’abandons d’animaux (environ 60 000 abandons par an en France – 4 millions par an aux États-Unis). Adopter un animal, c’est prendre un engagement. Toutefois, si vous ne pouvez vraiment plus garder votre animal, il y a d’autres options que l’abandon :

  • Trouver un nouveau maître pour son animal (entourage ou annonce).
  • Déposer son animal dans un refuge ou une association (frais d’abandon + sermon garanti par le bénévole présent).
  • Déposer son animal à la fourrière (frais d’abandon, mais pas de sermon car les fourrières sont des établissements à but lucratifs).

Pour conclure sur ce point, sachez que l’abandon sur la voie publique est illégal en France (article 521-1 du Code Pénal). Vous encourez jusqu’à 2 ans de prison, et une amende de 30 000 euros. Malheureusement, aux États-Unis, cela dépend des lois en vigueur dans chaque État,  et comme il n’y a pas de loi uniforme, les Américains peuvent donc abandonner leur animal sans crainte. Plus de détails ici.

 

abandon animaux

Crédit photo :  Association 30 millions d’amis.

♦♦♦

 

Êtes-vous bénévole (aux États-Unis, en France ou ailleurs) ?  Ou souhaitez-vous le devenir ?

Je suis disponible si vous avez des questions concernant le bénévolat ici.

Merci pour votre intérêt et à bientôt !

12 réactions au sujet de « J’ai testé : le bénévolat aux États-Unis »

  1. Coucou Bertille,

    Très intéressant ton sujet sur le bénévolat…
    En France, les gens sont assez individualistes, je trouve que ce sont les retraités les plus actifs dans ce domaine, ils ont du temps..quand on travaille, c’est galère de faire du bénévolat comme je te l’avais déjà expliqué. Il y a les horaires, les jours de disponibilité, le fait qu il faut très souvent avoir un véhicule …être dispo pour faire des formations tel jour, telle heure, et moi j avoue que cela m’a découragé…on verra ça plus tard… il y a aussi le fait qu il faut être bien dans sa vie ou très disponible pour bien pouvoir donner aux autres… je pense aussi que le bénévolat convient aux personnes qui ne travaillent pas, et n’ont pas de gros problèmes quotidiens à gérer. Ce n’est pas simple…en ce qui te concerne je trouve que ta démarche est formidable et enrichissante. Les animaux ont bien de la chance de te côtoyer !!

    Bisous

    1. Bonjour Marie,

      Merci pour ton avis très complet 🙂
      Je ne peux pas vraiment dire que je suis actuellement « bien » dans ma vie, mais j’essaye tout de même d’apporter un peu de réconfort à d’autres (humains ou animaux). Ça permet aussi d’oublier ses propres problèmes à vrai dire…
      Merci pour tes encouragements (comme toujours !!) et bonne continuation à toi.
      Bisous

  2. Hello Bertille !

    Sympa cet article 🙂 J’en ai fait au début de notre aventure expat’ dans les musées, les deux fois pour faire de l’inventaire (ce que je faisais majoritairement en France quand je bossais) et c’est vrai que ça avait été un peu coton, ils voulaient mon CV, savoir comment je travaillais, comme un vrai entretien d’embauche… mais j’avoue que grâce à cela mon CV fait moins vide 🙂

    1. Coucou Poppy,
      Merci pour ton partage d’expérience 🙂
      Ça a dû être intéressant d’avoir une expérience dans un musée, mais j’ai du mal à comprendre qu’on soit aussi exigeants en recrutant pour une activité bénévole…
      Eh oui, ça permet de compléter un CV, et je te confirme que les entreprises américaines apprécient les expériences de bénévolat.
      À bientôt !

  3. Merci pour cet article très intéressant, je ne passe que deux mois en floride par an, mais si mes séjours se prolongeaient j’envisagerai une action de ce genre avec nos amis chines ou chats. Bravo à vous de l’avoir fait !

    1. Bonjour Brigitte,
      Merci pour votre commentaire !
      Comme vous avez dû voir, les démarches administratives sont assez « barbantes », mais effectivement, si vous venez plus longtemps à un moment donné, ça serait une belle opportunité pour câliner les animaux du coin 🙂
      Et si vous cherchez à découvrir la Floride autrement lors de votre prochain séjour, n’hésitez pas à me contacter 😉
      À bientôt peut-être.

  4. Salut Bertille !

    J’ai lu ton blogue a propos le bénévolat et je l’aimé! J’avais, souvent, pensé à faire le même chose (au Societé Humain), mais en fin je ne le fait jamais. C’est vrai, le bénévolat, c’est un parti normale, d’habitude, pour moi et le plupart des gens que je connais. Je l’avais faire super souvent quand jeune et je le continue aujourd’hui…mais jamais avec la Societé Humain. Je ne sais pas pourquoi pas 🙂

    Bisous!
    Bethann

  5. Coucou Bethann,

    Merci pour ton commentaire ma belle ! J’adore tellement te lire en Français (I am your biggest fan 😉 )

    Je trouve que c’est très intéressant d’avoir le point d’une vue d’une Américaine sur le bénévolat, et tu confirmes bien ce que je disais dans l’article, à savoir que vous êtes amené très tôt à faire du bénévolat. C’est une bonne chose !

    Je t’encourage à essayer chez Humane Society. Vous en avez un proche dans le Wyoming ?

    Bisous, et à très bientôt en vrai 🙂

  6. Ton blog est super intéressant et m’apprend tout un tas de choses dont je ne connaissais pas l’existence!
    La vie aux États-Unis n’est pas toujours démesurée comme on l’imagine souvent.
    Merci pour ces beaux articles !

    1. Bonjour Lætitia,

      Merci beaucoup pour ton passage ici 🙂
      La vie aux US a ses clichés, c’est sûr, mais j’essaye aussi de montrer un autre aspect présent ici, plus « rationnel » je dirais !

      À bientôt 😉

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