J’ai testé – obtenir son permis de conduire aux États-Unis

J’ai testé – obtenir son permis de conduire aux États-Unis

Je partage aujourd’hui une expérience toute particulière que je viens de vivre et que je n’aurais jamais cru possible (comme quoi il ne faut jamais désespérer !). Alors, voila, j’ai passé mon permis de conduire aux États-Unis. Bon, ceci arrive à des milliers de Français qui viennent s’installer ici, et qui doivent le repasser (ou l’échanger). La nuance, dans mon cas, est que je n’avais jamais passé le permis ailleurs avant.  Je l’ai passé en anglais en plus, histoire de corser les choses 🙂 . Je vais vous expliquer comment ça se passe ici  quand on n’a jamais eu de permis de conduire avant dans son pays d’origine (j’avoue  être un cas à part, avec une autre copine de Floride qui se reconnaîtra !). Comme chaque État américain a ses règles propres , je vous propose  de découvrir le fonctionnement en Floride. Vroom.

– Plaque d’immatriculation type en Floride – Crédit photo Etsy.

– Mise en situation –

 

Une petite mise en situation pour commencer pour ceux qui ne me connaissent pas en personne :

Depuis toute jeune, j’ai toujours eu assez peur en voiture, et ça ne s’est pas arrangé en grandissant. J’angoissais à l’idée de conduire et de causer peut-être un accident. D’ailleurs, je pense qu’on peut parler de phobie à ce niveau là.  Autant dire qu’il n’était pas envisageable de passer un jour le permis, et ayant vécu longtemps dans de grandes villes européennes (Lyon, Madrid, Londres notamment), je n’en avais pas réellement besoin grâce aux infrastructures qui y sont très développées. Ça, c’était avant de débarquer en Amérique du nord ! Ces dernières années, je dois reconnaître que les déplacements ont été rendus plus  difficiles sans voiture. Pas tant que cela à Québec,  car les bus desservent plutôt bien la ville, mais depuis que je suis installée en Floride, un État où la voiture est reine, j’ai vu très rapidement la différence pour se déplacer.  Je devais souvent compter sur quelqu’un d’autre pour aller quelque part, et ce n’était idéal pour personne, ou bien attendre des heures un bus qui ne venait pas toujours. Ces derniers temps, j’utilise souvent Uber qui reste pratique, mais revient assez cher sur le long terme (et je ne vous parle même pas des trajets qui n’en finissent plus quand on partage la voiture avec d’autres passagers !)

Alors, il y a un an, j’ai décidé de me lancer et de tenter d’obtenir mon permis aux États-Unis. Et c’est là que j’ai réalisé très vite qu’il y avait une grande différence entre volonté et blocage. Eh oui… Je voulais y arriver, mais la peur était extrêmement présente. C’est difficile à expliquer à quelqu’un qui ne comprend pas cette peur, et j’ai évité le sujet avec mon entourage autant que possible. Alors avant de passer le code, j’ai commencé à utiliser la voiture d’une copine (OK, je faisais du 20 miles/heure, youhou, et j’avais l’impression d’aller vite !). Ça a duré quelques mois, mais je ne me sentais toujours pas très à l’aise. J’y suis donc aller à mon rythme, petit à petit.

L’humour américain : Une voiture laissée sur le parking d’un supermarché. J’ai bien ri ce jour là 😉

 

APARTÉ – Pour toutes les personnes  qui ont des phobies comme celle-ci (la deuxième, dans mon cas, étant la peur de l’avion, en cours  de traitement 🙂 ), j’ai mis longtemps à trouver la méthode pour les surmonter. J’ai eu l’occasion de les évoquer lors de séances de thérapie, sans pour autant arriver à les surpasser. Finalement, cette traversée chaotique des derniers mois m’a poussée à me remettre en question, et à puiser des forces où je ne pensais pas en trouver. Je crois que ce qui m’a été le plus utile dans mon cheminement, ce sont les livres sur le développement personnel. On en entend beaucoup parler, certains y croient, d’autres pas. Je peux simplement témoigner que sans eux, je ne serais probablement pas où j’en suis aujourd’hui dans ma vie. Certains de ces livres m’ont guidé dans ma réflexion, et m’ont permis d’y voir plus clair. Désormais, dans mon cas, et je pense que ça en concernera peut-être d’autres, je relie ces anciennes peurs au manque de confiance en soi. J’en reparlerai prochainement dans un autre article dédié à certains livres en particulier –

Voici à présent les étapes administratives à suivre en Floride si vous n’avez jamais eu de permis de conduire auparavant :

 

  1. D.A.T.A  (Drug and Alcohol Course).
  2. Le code.
  3. Le test du permis.

 

1/ D.A.T.A

 

Le D.A.T.A  est un cours obligatoire à suivre sur les drogues et alcools (4h).  Il a été créé afin de sensibiliser un maximum de monde sur les dangers au volant. On y apprend, Ô surprise, que se droguer et/ou boire au volant ce n’est pas bien, ainsi que les lois et les responsabilités lorsqu’on conduit puis, enfin, les techniques à connaître pour être un conducteur averti.

Étant donné que les jeunes Américains peuvent passer leur permis de conduire dès l’âge de 16 ans, ce cours leur est directement concerné. Ça se passe sur l’écran de votre ordinateur, et je l’ai trouvé particulièrement long, avec une liste sans fin de toutes les drogues possibles et inimaginables à éviter… Quand on est adulte, on est forcément déjà sensibilisé à tout cela (enfin, j’espère), donc il me semble que ce cours devrait être obligatoire jusqu’à la majorité (ici 21 ans) et en option par la suite, ce qui semblerait plus logique. Ils sont malins, en plus, car on ne peut pas sauter une seule page du cours avant le test final. En effet, des courtes questions pop-up apparaissent de temps en temps pour vérifier que vous êtes bien devant votre écran, et pas en train de répondre à votre copain sur Facebook ou d’écrire sur votre blog.

Un test a lieu à la fin du cours, avec une série de questions reprenant l’ensemble des thèmes traités au préalable. Il faut obligatoirement le réussir pour pouvoir se présenter ensuite au code.

2/ Le code.

 

Lorsque le test DATA est réussi, on peut s’inscrire pour le code. Aux États-Unis, le code a lieu dans un DMV, Department of Motor Vehicles,  qui est l’équivalent de la préfecture en France, ou chez vous si vous avez moins de 18ans… oui, oui, vous avez bien lu, les jeunes Américains peuvent donc légalement tricher pour le code, et demander les réponses à leur famille, amis, ou Google. C’est à n’y rien comprendre, et il ne faut pas s’étonner après quand on les voit conduire.

Pour ma part, ayant dépassé les 18 ans depuis quelques temps (hum), je me suis rendue au DMV pour passer le code. Voici comment s’est déroulé ma journée  – Autant dire que j’ai eu l’impression d’être dans un hall de gare :

  • On m’ a d’abord pris en photo (pourquoi fait-on cela avant de passer le test ?? J’étais toute pâle 😉 ), et on vous donne un numéro d’ordinateur à rejoindre.
  • Le test propose 50 questions, et il a lieu sur un écran tactile. Il faut avoir un minimum de 40 bonnes réponses pour le réussir. L’avantage ici, c’est qu’on peut sauter les questions qui ne nous plaisent pas, et les garder pour la fin si nécessaire (je ne crois pas que ça se fasse en France !) J’avais bien révisé, je n’en ai sauté que 2 ou 3,et j’ai réussi le code du premier coup. Yeahhh.
  • Autour de moi, d’autres candidats au code, debout devant leur écran tactile ET, surtout,  toutes les personnes venues refaire leur permis ou régler un quelconque problème administratif, ainsi que les heureux candidats venant de réussir leur permis et qui crient « Youpi »  pendant que tu réponds en transe à tes questions du code ! Oui, ce ne fut pas simple pour se concentrer…
  • Après avoir passer le code, je suis allée récupérer mon permis de conduire temporaire, l’équivalent du permis de conduite accompagnée. L’opératrice a été sympa, elle m’a autorisée à refaire ma photo (j’étais quand même moins pâle après coup !).
  • J’ai payé 50 $ pour obtenir ce permis temporaire, valide 2 ans. Pour pouvoir passer le test de conduite, il me fallait ensuite avoir fait 50h de conduite (dont 10h de nuit). Je précise ici qu’à l’arrivée, rien de tout cela n’est vérifié, ils se fient à votre parole…oui, oui.
  • Temps total sur place avec prise de rendez-vous au préalable : 1h. Sans rendez-vous, c’est beaucoup plus long…
  • Il m’aura fallu ensuite 1 an pour me motiver à poursuivre ma démarche jusqu’au bout (et je n’ai pas conduit une seule fois de nuit durant toute cette période…)

Crédit photo : Florida Rambler

 

3/ Le test.

 

Avant d’aller passer le test de conduite, j’avais besoin de me sentir à l’aise au volant. J’ai donc pris des heures de conduite avec une auto-école. Acte extraterrestre pour l’Américain moyen. En effet, ici, il n’y a aucune obligation de prendre des cours avant de passer le test de conduite. Je ne voulais vraiment pas me retrouver au milieu de tous ces conducteurs en n’ayant aucune base.

J’ai pris, au final, une dizaine d’heures de conduite avec un instructeur, ce qui est peu pour la France, mais largement suffisant pour les États-Unis. J’ai eu la chance de tomber sur un instructeur compréhensif qui a pris le temps de bien m’expliquer les choses. On s’est entraîné régulièrement pour les épreuves du test, et il m’a souvent fait remarquer que j’étais très prudente en conduisant ( ce qu’il ne semblait pas voir souvent !). À la fin de mes heures de conduite, il a estimé que j’étais prête pour le test. Il ne me restait plus qu’à trouver le courage d’y aller.

∼ Petite particularité bien américaine ∼

Pour passer son permis ici, on vous demande d’amener votre voiture… oui, je suis bien d’accord avec vous : ceci est parfaitement stupide lorsqu’on n’a justement pas le permis de conduire ! Je crois que ça s’adresse principalement aux jeunes conducteurs qui peuvent utiliser la voiture de leurs parents pour venir passer leur test de conduite, mais comment fait-on alors dans mon cas lorsqu’on est adulte, qu’on n’a pas le permis de conduire, et, surtout, pas de voiture pour le test ? Eh bien, j’ai pu heureusement compter sur une amie américaine qui m’a prêté sa voiture pour le jour J ! Auparavant, elle m’a laissé m’entraîner un peu sur sa voiture,  et nous avons donc fait quelques heures de pratique en plus ensemble.

Le jour J, elle m’a accompagné pour m’encourager (et puis, j’avais sa voiture de toute façon, si vous suivez bien !). Juste avant le test, petite montée de stress que nous avons gérée ensemble en pratiquant quelques exercices de yoga devant le DMV 😉

Et puis l’heure est enfin arrivée, et j’ai passé le test. Quelles sont donc les épreuves à réussir en Floride pour obtenir son permis de conduire ?

  1. Une marche arrière sur 50 feet (environ 15 mètres).
  2. Un stop d’urgence.
  3.  Se garer sur une place de parking.
  4. Un demi-tour en 3 temps.
  5. S’arrêter aux stops requis, tourner à gauche et à droite en utilisant les clignotants.
  6. Une question théorique (apparemment toujours la même): Comment fait-on pour se garer sur une pente ? Tout à fait utile à savoir lorsqu’on vit dans l’État le plus plat des Etats-Unis, n’est-ce pas ?

 

Et c’est tout !

 

À la fin, mon examinatrice m’a dit que j’avais réussi les épreuves (énorme soulagement intérieur), et je suis gentiment aller payer mon permis, 25 $ dans mon cas car il s’agissait d’un remplacement de mon permis de conduite accompagnée (sinon, c’est 50 $). Avec les heures de conduites prises, j’en aurais donc eu pour environ 500 $ au total pour obtenir le permis ici (environ 400 euros), ce qui est peu si on compare au système Français, soyons honnêtes !

–  Le précieux sésame –

Je sais bien que les épreuves du permis de conduire ici semblent dérisoires pour les Français mais bon, dans mon cas, c’était déjà bien assez stressant comme ça, et j’espère justement ne jamais avoir à le repasser en France !

 

Et voila, je peux désormais conduire aux États-Unis, et louer une voiture sans aucun soucis. C’est parti pour de nouvelles aventures ! Qui d’autres a tenté de passer son permis américain ? Si vous vivez dans un autre État, est-ce que les épreuves de conduite sont similaires ?

Crédit photo : American Safety Council.

Bonus : Si vous avez envie de vous entraîner au test du permis de conduire Floridien, ce site internet  propose des exercices de préparation (j’en ai fait plusieurs d’ailleurs !). Have fun!

14 réactions au sujet de « J’ai testé – obtenir son permis de conduire aux États-Unis »

    1. Oui, ce n’est pas facile de vaincre ses peurs, mais c’est tellement gratifiant quand on y arrive 🙂
      Hâte de partir de nouveau en roadtrip !!
      Merci pour ton commentaire et à bientôt 🙂

  1. Encore bravo ma fille, rien n est simple dans la vie.
    Eh oui, j’ai tout lu (long mais très bien rédigé, ahah)
    Courageuse et têtue : 2 grandes qualités pour réussir !

    1. Merci beaucoup pour les compliments (même si « têtue » peut-être mal interprété 😉 )
      Hâte que tu viennes pour que je te montre mes talents de conductrice !!

      1. Super Bertille, j’ai le même parcours de peur que toi et je vais devoir le passer surtout pour faire l’échange ensuite en France. J’ai parcouru le site administratif en France et, apparemment, ils demandent 6 mois de pratique à l’étranger pour faire l’échange de permis. Il faut que je m’y mette !
        Bravo à toi. Si jamais tu passes à Sarasota en Floride viens nous voir, on a un French Gourmet Shop !

        1. Bonjour Juliette,

          Merci pour ton commentaire. Oui, j’avais vérifié, et il faut bien avoir obtenu le permis depuis au moins 6 mois à l’étranger pour le faire reconnaître en France (après, comment peuvent-ils vérifier que tu as conduit à l’étranger ??).
          Je t’encourage à t’y mettre, et je suis de tout cœur avec toi car je sais combien c’est difficile de franchir le cap… ça aide d’y aller petit à petit : tu peux commencer par le cours du DATA, et ensuite faire des exercices en ligne pour te préparer au code (j’ai mis un lien à cet effet à la fin de l’article 😉 ). Le « process » se mettra doucement en place dans ta tête, et je t’assure que le mental y est pour beaucoup.

          J’ai prévu de repasser prochainement vers Sarasota, je te ferai signe alors le moment venu;) (génial pour l’épicerie, hâte de venir – et j’ai vu que vous aviez des Pailles d’or, miam !!)

          À bientôt 🙂

          1. Coucou Bertille
            Je vais m’y mettre pour essayer de l’avoir pour la fin de l’année !!!
            Ce sera un vrai plaisir de te rencontrer dans la boutique
            Fais nous signe avant je te donnerai mon numéro de portable
            Bonne journée 😊

  2. Bravo !!!
    Tu aurais pu le passer en Arizona! Pas d’heures de conduite requise et un examen des plus naze. J’ai fait un créneau dans une place faite pour un minivan (et je pouvais m’entrainer avant, vu que l’endroit est ouvert le week end…) puis je suis allée faire un tour du pâté de maison… donc après 2 essais au code, 1 essai à la conduite, j’avais mon permis pour la somme mirobolante de 17$ (comprenant 3 essais au code et 3 essais à la conduite).

    1. Merci Poppy 😉
      Non, mais en fait le permis est super cher en Floride ! Ahah
      Une lectrice me disait qu’il coûtait 35 $ dans le Tennessee, et là 17 $ en Arizona, c’est fou !!
      Je crois qu’on va dégoûter tous les Français là…
      Merci pour ton témoignage en tous cas, à bientôt

  3. Félicitation c’est génial que tu aies réussi à vaincre ta phobie et maintenant à toi les routes américaines et les road-trip dans le pays 😉
    En Californie on n’a pas eu besoin de passer le DATA. Pour $33 j’ai passé mon permis californien avec le code (que l’on pouvait passer 3 fois) et la conduite. Pour ma part je n’ai même pas eu à faire de manoeuvres, juste à tourner à gauche et à droite. Trop facile comparé à l’examen français.

    1. Coucou Tiphaine,

      Merci beaucoup !Ah,oui dis donc, ça a l’air encore plus simple qu’en Floride, c’est incroyable quand même !
      Je vais commencer à répertorier les tarifs du permis américain selon les États, tu es dans les plus bas pour le moment 😉
      Qui sait, je passerai peut-être te voir un jour (j’aimerais faire un road trip en Californie 🙂 )

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